Les organisations dirigées par des femmes et de défense des droits des femmes et filles renforcent leur leadership pour une réponse humanitaire plus inclusive au Burkina Faso
31 juillet 2026
Renforcer le leadership feminin pour une réponse humanitaire plus inclusive au Burkina Faso
Ouagadougou, 24 juillet 2026 – Au Burkina Faso, les organisations dirigées par des femmes (ODF) et les organisations de défense des droits des femmes (ODDF) jouent un rôle essentiel dans l'accompagnement des populations touchées par la crise humanitaire. Pourtant, leur expertise, leur proximité avec les communautés et leur capacité à répondre aux besoins des plus vulnérables restent encore insuffisamment valorisées dans les mécanismes de coordination, les espaces de décision et l'accès aux financements humanitaires. Pour contribuer à faire évoluer cette situation, une soixantaine de représentantes d'organisations de la société civile, de structures gouvernementales, des Nations Unies et de partenaires humanitaires se sont réunies à Ouagadougou, du 21 au 24 juillet 2026, dans le cadre d'un atelier stratégique organisé par le Groupe de Travail Égalité Genre et Inclusion dans l'Action Humanitaire (GT-EGIAH), avec l'appui technique du programme GenCap du Comité permanent inter organisations (Inter-Agency Standing Committee – IASC).
Véritable initiative inter organisations, l’atelier était financé conjointement par le UNHCR ; l’UNFPA ; OXFAM et le programme GenCap.
Les mots de bienvenue ont été prononcé par la Directrice Exécutive de l’Association d'Appui et d'Eveil PUGSADA (ADEP) au nom des organisations dirigées par des femmes et des organisations de défense des droits des femmes. Elle a plaidé pour une localisation plus ambitieuse de l'aide humanitaire, fondée sur un véritable transfert du pouvoir et des ressources vers les acteurs locaux. « La localisation de l’aide ne doit plus être un simple slogan, ni un concept théorique. Elle doit se traduire concrètement par un réel transfert de pouvoir, de ressources et d’influence vers les acteurs locaux, en particulier les organisations dirigées par les femmes. » A sa suite, le représentant du Coordonnateur résident/Coordonnateur humanitaire du système des Nations Unies au Burkina Faso, le Chef de bureau d'OCHA, M. Blaise KABONGO MUJIKA, a rappelé les priorités du leadership humanitaire en faveur des organisations dirigées par des femmes. Il a souligné la nécessité de « renforcer les capacités des ODF, faciliter leur intégration dans les cadres et processus de prise de décision et favoriser leur accès au financement humanitaire », tout en encourageant les participantes à élaborer des stratégies concrètes pour accroître leur influence dans la coordination de la réponse.
Représentant le Gouvernement du Burkina Faso, le représentant du Ministère de la Famille et de la Solidarité a réaffirmé l'engagement des autorités en faveur de l'égalité des sexes et du leadership féminin. « Le Gouvernement du Burkina Faso demeure engagé à promouvoir l’égalité des sexes, le leadership féminin et la participation effective des femmes à tous les niveaux de prise de décision».
Au cours des quatre jours de travaux, les participantes ont approfondi leurs connaissances sur plusieurs thématiques essentielles à leur engagement dans l'action humanitaire. Les sessions ont notamment porté sur le cadre juridico-légal des organisations au Burkina Faso, le fonctionnement de la réponse humanitaire et de ses mécanismes de coordination, le rôle et les critères d'identification des organisations dirigées par des femmes et des organisations de défense des droits des femmes, les mécanismes d'accès aux financements humanitaires, les résultats de l'analyse conjointe genre 2026, l'auto-évaluation des capacités organisationnelles, le leadership féminin en contexte de crise, les stratégies d'influence, ainsi que la création d'une communauté de pratiques destinée à renforcer la collaboration et le plaidoyer collectif.
Les participantes ont exprimé leur appréciation de la qualité de la formation et de l'approche participative retenue. Elles ont indiqué que les différents modules leur avaient permis de mieux comprendre l'environnement humanitaire, de renforcer leurs capacités de leadership et de plaidoyer, et d'identifier des pistes concrètes pour accroître leur participation aux mécanismes de coordination et de prise de décision. Elles ont également salué les échanges d'expériences entre organisations, qu'elles considèrent comme un levier important pour construire une voix collective plus forte au service des femmes et des communautés affectées par les crises.
Les travaux ont abouti à l'élaboration d'un narratif commun de plaidoyer, d'un projet de feuille de route pour le renforcement des capacités, d'une cartographie simplifiée des organisations ainsi que des orientations pour la mise en place d'une communauté de pratiques appelée à favoriser la concertation, le partage d'expériences et le renforcement de l'influence des organisations dirigées par des femmes dans la réponse humanitaire au Burkina Faso.
À travers cette initiative, le Gouvernement du Burkina Faso, les Nations Unies, et leurs partenaires réaffirment leur engagement commun à promouvoir une action humanitaire plus inclusive, plus locale et plus efficace, en reconnaissant pleinement les ODF et ODDF comme des partenaires stratégiques de la protection, du relèvement et du renforcement de la résilience des communautés affectées par les crises.