De l’urgence à la résilience : à Ouagadougou, l’AES et ses partenaires passent des recommandations à l’action
À Ouagadougou, le Forum humanitaire et Genre de l’AES s’achève avec des recommandations pour renforcer la résilience durable des communautés du Sahel
Ouagadougou, 12 août 2026 – Après trois jours de dialogue, de partage d’expériences et de réflexion, le deuxième Forum des ministres chargés de l’Action humanitaire et la deuxième Réunion des ministres chargés du Genre de la Confédération des États du Sahel (AES) se sont achevés ce 12 août 2026 à Ouagadougou. Les rencontres ont débouché sur des recommandations concrètes et l’adoption de deux documents majeurs, dont la Déclaration de Ouagadougou du Forum humanitaire de l’AES.
Réunissant le Burkina Faso, le Mali, le Niger, des pays invités, les Nations Unies, les organisations humanitaires, la société civile, le secteur privé et d’autres partenaires, les travaux avaient une ambition commune : aller au-delà de la réponse aux besoins immédiats pour construire une action humanitaire qui favorise également le relèvement, l’autonomie et la résilience durable des communautés.
De l’urgence à la résilience
Ouvert ce 10 août autour du thème « De l’urgence à la résilience : vers un modèle d’action humanitaire intégré pour l’AES », le Forum s’est tenu dans un contexte marqué par les effets combinés du défi sécuritaire, des déplacements de populations, des chocs climatiques et des vulnérabilités économiques. À l’ouverture, le Premier ministre du Burkina Faso, M. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, avait appelé à une évolution de l’approche humanitaire : « L’assistance ne saurait être une finalité en soi. L’action humanitaire doit répondre à l’urgence tout en préparant les conditions de l’autonomie. » Cette vision a guidé les trois jours de travaux. Cinq ateliers thématiques ont notamment permis de formuler des recommandations sur la gouvernance et la coordination humanitaires, la transition de l’urgence vers la résilience, les financements endogènes, les données et l’anticipation numérique ainsi que les mécanismes de mise en œuvre. Les États ont également proposé la création d’un mécanisme confédéral de coordination, de suivi et d’évaluation destiné à assurer le suivi des recommandations, tout en maintenant le leadership des États membres dans leur mise en œuvre nationale.
Construire sur la résilience qui existe déjà
Pour les Nations Unies, construire la résilience signifie avant tout reconnaître et renforcer les capacités déjà présentes au sein des communautés. Prenant la parole au nom des équipes pays des Nations Unies au Burkina Faso, au Mali et au Niger, le Coordonnateur résident des Nations Unies au Burkina Faso et Coordonnateur humanitaire, M. Njoya Tikum, a résumé cette approche dès l’ouverture du Forum : « La résilience du Sahel n’est pas une idée. Elle est déjà à l’œuvre. Notre responsabilité collective est de la renforcer. » Les Nations Unies ont ainsi réaffirmé leur disponibilité à soutenir le passage de projets ponctuels vers des actions répondant à la fois aux besoins immédiats et aux vulnérabilités structurelles, à accompagner les communautés pour qu’elles deviennent actrices de leur propre résilience, à faciliter des financements plus prévisibles, pluriannuels et flexibles et à renforcer les systèmes d’information.
Les agences humanitaires du Système des Nations Unies ont également marqué leur participation au Forum à travers un stand conjoint des Nations Unies. Cet espace a permis aux participants et visiteurs de découvrir les interventions menées aux côtés des autorités et des communautés, d’échanger directement avec les équipes et de mieux comprendre la contribution collective du Système des Nations Unies à l’action humanitaire, au relèvement et au renforcement de la résilience au Burkina Faso.
L’égalité de genre, une condition de la résilience
La tenue simultanée du Forum humanitaire et de la deuxième Réunion des ministres chargés du Genre a permis de placer la contribution des femmes au cœur des réflexions sur la résilience. Les travaux ont souligné qu’une crise n’affecte pas de la même manière les femmes, les hommes, les filles et les garçons et que des réponses efficaces doivent prendre en compte ces différences. Pour M. Tikum, l’enjeu va au-delà de la prise en compte des vulnérabilités. Les femmes sont également des actrices essentielles de la prévention, de la solidarité, du relèvement et du développement. Les Nations Unies se sont ainsi engagées à continuer d’appuyer l’intégration de l’égalité de genre et de l’inclusion dans les politiques, stratégies et programmes humanitaires et de résilience. Le lancement de la plateforme régionale des femmes de l’AES constitue, à cet égard, une avancée importante pour mieux intégrer les voix, les besoins et le leadership des femmes dans les politiques et programmes.
À la clôture, la ministre de la Famille et de la Solidarité, Lieutenante-colonelle Passowendé Pélagie Kaboré, représentant le Premier ministre, a souligné, dans le discours prononcé au nom du Chef du Gouvernement, que la promotion du genre constitue un levier essentiel de développement, de stabilité et de résilience. Elle a également rappelé que les recommandations issues des travaux doivent contribuer à renforcer la place des femmes dans les politiques publiques, à promouvoir leur leadership et à faire de leur contribution un levier majeur de transformation de l’espace AES.
Accompagner, et non se substituer
Tout au long du Forum, les Nations Unies ont insisté sur une approche fondée sur le leadership des États et le renforcement des capacités nationales, locales et communautaires. À la clôture, les 3 Coordonnateurs résidents et Coordonnateurs humanitaires des Nations Unies au Burkina Faso, Mali et Niger porté par la voix du Coordonnateur Résident par intérim du Niger, Mr. Al Hassan Cissé ont résumé le positionnement des Nations Unies en quelques mots : « Le rôle des Nations Unies et de leurs partenaires est clair : accompagner, et non se substituer. » Les Nations Unies ont ainsi réaffirmé leur engagement à contribuer à la mise en œuvre des recommandations adoptées, à accompagner les mécanismes de suivi et d’évaluation qui seront établis par les États et à poursuivre un dialogue régulier avec les Gouvernements. Cette approche s’inscrit dans la continuité de l’engagement exprimé à l’ouverture du Forum : travailler aux côtés des États dans un esprit de respect, d’écoute, de dialogue et de partenariat, tout en continuant à répondre aux besoins humanitaires urgents là où ils persistent.
Des déclarations aux résultats pour les populations
La clôture a été marquée par la signature de la Déclaration de Ouagadougou du Forum humanitaire de l’AES ainsi que de la Déclaration des ministres chargés du Genre de l’AES.
Dans le discours du Premier ministre, prononcé à la clôture par la ministre de la Famille et de la Solidarité, Lieutenante-colonelle Passowendé Pélagie Kaboré, qui le représentait, l’accent a été mis sur la nécessité de transformer les résolutions et recommandations de Ouagadougou en actions concrètes, mesurables et durables. Cette priorité rejoint celle exprimée par les Nations Unies : faire en sorte que les engagements adoptés produisent des changements perceptibles dans la vie quotidienne des populations. « Le temps est maintenant à l’action. Les crises évoluent, et nos réponses doivent évoluer avec elles », ont souligné les 3 Coordonnateurs résidents et Coordonnateurs humanitaires des Nations Unies au Burkina Faso, Mali et Niger à la clôture. Les Nations Unies ont réaffirmé leur disponibilité à renforcer, avec les États de l’AES et leurs partenaires, un dialogue permanent et un partenariat stratégique afin de faire progresser la transition de l’urgence humanitaire vers une résilience durable et inclusive, construite avec les communautés et au service des populations.