Histoire
31 août 2026
Burkina Faso : le Coordonnateur résident accompagne la mission belge dans la région des Koulsé
Le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Burkina Faso a accompagné, le 27 août 2026, la délégation conduite par le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération internationale du Royaume de Belgique, Maxime Prévot, lors d’une visite de terrain dans la région des Koulsé. Entre découverte des réalisations, échanges avec les bénéficiaires et rencontre avec le personnel des Nations Unies à Kaya, la mission a permis de mesurer les effets concrets des partenariats sur la vie des communautés.En visite au Burkina Faso depuis le 26 août 2026, le chef de la diplomatie belge s’est rendu à la ferme agroécologique de Tégréssène, dans la commune de Korsimoro, accompagné notamment du Gouverneur par intérim de la région des Koulsé, de l’Ambassadeur du Royaume de Belgique au Burkina Faso, du Coordonnateur résident du Système des Nations Unies et du Représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Cette visite s’inscrit dans le cadre du partenariat entre le Burkina Faso et le Royaume de Belgique et de leur engagement en faveur de la sécurité alimentaire, de la résilience des communautés rurales et du développement durable. Une ferme qui conjugue agriculture, élevage, pisciculture et apicultureÀ Tégréssène, la délégation a pu constater les réalisations soutenues dans le cadre du projet de Renforcement de la résilience des ménages vulnérables face aux effets néfastes du changement climatique par les boulis multi-usages, mis en œuvre par la FAO grâce au financement de la Belgique. Après une présentation générale du site, la délégation a parcouru les différentes composantes de la ferme : périmètres maraîchers, poulaillers, bassins piscicoles, unités d’élevage et installations apicoles. Au cours de la visite, Maxime Prévot et quelques membres de la delegation ont notamment participé à l’empoissonnement d’alevins et à la mise en terre de boutures d’oignons. La ferme agroécologique s’étend sur trois hectares, dont un hectare aménagé, et bénéficie à 19 ménages, composés à 60 % de femmes. Les deux poulaillers comptent 500 têtes et 1 000 pondeuses, avec une production moyenne de 9 600 œufs par an. Le site abrite également 70 ovins et 16 bovins ainsi qu’un rucher de 70 ruches, dont 37 colonisées, permettant une production annuelle moyenne de 500 litres de miel. Pour la pisciculture, un bassin de 60 m³ et deux bacs de 22 m³ chacun permettent une production annuelle estimée à 1,5 tonne de poissons. Grâce aux infrastructures hydrauliques réalisées, les exploitants peuvent également produire deux fois dans l’année. Outre le niébé et le maïs, les cultures maraîchères ont notamment permis d’enregistrer 23 tonnes d’oignons durant la campagne 2025-2026. Le projet qui soutient ces réalisations a débuté en 2023 pour une durée de 60 mois. Financé par la Belgique à hauteur d’environ 5 millions d’euros, il intervient dans les régions du Yaadga, des Koulsé et du Liptako et cible 16 350 ménages. Il vise à améliorer la sécurité alimentaire tout en renforçant les capacités d’adaptation des populations aux effets du changement climatique, notamment grâce aux pratiques agroécologiques et aux infrastructures de mobilisation de l’eau. Derrière les réalisations, des vies qui changentAu-delà des infrastructures et des résultats de production, la visite a été l’occasion pour le Coordonnateur résident et les membres de la délégation d’échanger directement avec les bénéficiaires et d’entendre ce que ces investissements changent concrètement dans leur quotidien.Sana Bibata, originaire de Soundogo, dans la commune de Korsimoro, fait partie des bénéficiaires rencontrées à la ferme. Elle explique que l’accompagnement de la FAO, avec le soutien de la Belgique, a notamment permis la réalisation d’un forage, d’une retenue d’eau et d’une clôture de jardin, facilitant la production d’oignons, de tomates et d’autres cultures. L’accès à l’eau représente pour elle l’un des changements majeurs. Alors que les communautés étaient auparavant confrontées à des difficultés dans ce domaine, la retenue d’eau répond aujourd’hui à plusieurs besoins, notamment en matière d’hygiène et d’assainissement, tout en bénéficiant également au cheptel. Mais l’impact est aussi économique. Grâce à l’accompagnement reçu, Sana Bibata s’est engagée dans des activités génératrices de revenus et dans une dynamique d’épargne. Avec d’autres femmes, elle a commencé par épargner 100 FCFA par semaine, avant de porter cette somme à 200 FCFA. Pour sa part, elle a pu développer une activité de production et de vente de gâteaux. Cette épargne lui permet aujourd’hui de disposer d’une somme pouvant atteindre environ 75 000 FCFA, utilisée notamment pour acheter les matières premières nécessaires à son commerce et répondre à certains besoins essentiels. « Cet accompagnement m’a beaucoup aidée. Le plus important, c’est que nous arrivons à payer la scolarité de nos enfants et même à apporter un soutien à nos maris. » Les revenus générés lui permettent également de contribuer aux besoins du ménage, notamment en matière d’hygiène. Son témoignage montre ainsi comment l’accès à l’eau, aux moyens de production, à l’épargne et aux activités génératrices de revenus peut progressivement renforcer l’autonomie économique des femmes et la résilience des ménages. Écouter les communautés pour mieux comprendre l’impactEn marge de la mission, l’équipe des Nations Unies a également échangé avec d’autres bénéficiaires des interventions soutenues par la Belgique.Parmi eux, Kontogbo Aminata, du secteur 1 de Kaya, dans la région des Koulsé, a partagé son expérience concernant la prise en charge nutritionnelle de son enfant. Alors qu’elle se rendait régulièrement pour le suivi du poids de celui-ci, son enfant est tombé malade. Elle a été orientée vers les services de santé et a reçu des conseils sur l’alimentation adaptée à ses besoins. Après avoir suivi les recommandations et administré le traitement prescrit, elle a constaté une amélioration de l’état de santé et de l’éveil de son enfant. L’accompagnement ne s’est pas limité aux soins. Kontogbo Aminata explique avoir également appris comment utiliser le petit mil pour préparer une bouillie adaptée aux besoins nutritionnels des enfants. « Je suis très heureuse aujourd’hui en regardant l’enfant », témoigne-t-elle. Forte de son expérience, elle souhaite désormais encourager d’autres femmes à être attentives à la nutrition de leurs enfants et exprime sa reconnaissance envers les autorités, l’UNICEF et la Belgique pour l’accompagnement reçu. Ces témoignages permettent de dépasser les chiffres pour montrer les changements vécus par les familles : des revenus supplémentaires, une meilleure capacité à répondre aux besoins du ménage, une alimentation améliorée et un meilleur accès aux services essentiels. Une coopération tournée vers des résultats concretsLa visite a également permis aux partenaires de réaffirmer leur volonté de poursuivre une coopération axée sur des résultats tangibles pour les populations. « Ce que je veux, c’est une coopération internationale du résultat, pas juste des grands discours. Il faut une diplomatie de l’action », a déclaré Maxime Prévot au cours de la visite. Le Vice-Premier ministre belge a également réaffirmé la volonté de son pays de demeurer engagé aux côtés du Burkina Faso, notamment sur les enjeux agroalimentaires et écologiques. Pour les autorités régionales, ces investissements répondent également à des besoins concrets des populations. La Gouverneure de la région des Koulsé, Bernadette Adenyo Sermé, a notamment salué des réalisations permettant aux acteurs de produire en toute saison et souligné l'importance de tels investissements structurants. À travers l’agroécologie, la mobilisation de l’eau et la diversification des activités économiques, les interventions visitées illustrent une approche qui associe sécurité alimentaire, adaptation au changement climatique, autonomisation économique et préservation des moyens de subsistance.À Kaya, le Coordonnateur résident à l’écoute du personnel des Nations UniesLe déplacement dans la région des Koulsé a également été l’occasion pour le Coordonnateur résident d’aller à la rencontre du personnel du bureau terrain des Nations Unies à Kaya. Cette rencontre a offert un cadre d’échange direct avec les collègues qui œuvrent au quotidien au plus près des communautés. Le Coordonnateur résident a pu écouter les équipes et échanger avec elles sur leurs expériences ainsi que sur les réalités opérationnelles liées à la mise en œuvre des interventions sur le terrain. Cette étape a également permis de mettre en lumière le rôle essentiel du personnel déployé hors de Ouagadougou dans la réalisation du mandat des Nations Unies et dans l’accompagnement des populations. De la ferme agroécologique de Tégréssène aux échanges avec les bénéficiaires, puis à la rencontre avec le personnel à Kaya, la mission a ainsi permis de relier les décisions et les partenariats aux réalités du terrain. Elle illustre l’importance d’une action coordonnée entre le Gouvernement, les partenaires au développement, les agences des Nations Unies et les communautés pour transformer les investissements en résultats durables pour les populations.