Histoire
15 juin 2026
Burkina Faso : l’ALBIWEEK 2026 appelle à briser les stéréotypes et à renforcer l’inclusion des personnes atteintes d’albinisme
Ouagadougou, 10 juin 2026 – Le Système des Nations Unies au Burkina Faso a réaffirmé son engagement à ne laisser personne de côté à l’occasion du lancement officiel de la 8ᵉ édition de l’ALBIWEEK, la Semaine nationale de sensibilisation à l’albinisme, organisée par l’Association des Femmes atteintes d’Albinisme du Burkina (AFAB).Placée sous le thème « Fièrement dans ma peau : briser les stéréotypes pour l’inclusion et la protection des personnes atteintes d’albinisme au Burkina Faso », cette édition a réuni à Ouagadougou des représentants du Gouvernement, du Système des Nations Unies, du corps diplomatique, des organisations de la société civile, des médias, des leaders coutumiers et religieux ainsi que des personnes atteintes d’albinisme et leurs familles.Représentant Madame le Ministre de la Famille et de la Solidarité, le Chargé de mission a salué la tenue régulière de l’ALBIWEEK, devenue au fil des années « un carrefour de réflexion, de sensibilisation et de plaidoyer » en faveur des personnes atteintes d’albinisme. Il a réaffirmé l’engagement des autorités burkinabè à promouvoir leurs droits et leur inclusion sociale, rappelant que la protection des personnes vulnérables demeure une priorité nationale. Prenant la parole au nom du Système des Nations Unies, M. Maurice Azonnankpo, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire par intérim, a appelé à un changement durable des mentalités. « En effet, nous devons affirmer avec force notre vision d’un monde où chaque être humain, quelle que soit la couleur de sa peau, son apparence ou sa condition sociale, vit en sécurité, dans la dignité et dans l’égalité des chances. Car aucune différence ne devrait être une raison d’exclusion, de violence ou de peur», a-t-il déclaré. Il a rappelé que les personnes atteintes d’albinisme continuent de faire face à des défis majeurs, notamment la stigmatisation, les discriminations, les difficultés d’accès aux soins de santé adaptés et l’exclusion socio-économique. Pourtant, elles sont des élèves, des étudiantes, des entrepreneures, des professionnelles et des actrices du changement qui contribuent pleinement au développement du Burkina Faso. Le Coordonnateur résident a.i. a également souligné la réponse coordonnée du Système des Nations Unies autour de cette cause. L’UNICEF soutient les campagnes médiatiques inclusives visant à transformer les perceptions sociales ; l’UNFPA renforce les capacités des acteurs du numérique afin de lutter contre les stéréotypes ; ONU Femmes accompagne les initiatives de mobilisation citoyenne et d’autonomisation des femmes et des filles ; l’OMS appuie les efforts visant à améliorer l’accès à des soins adaptés ; tandis que le Bureau du Coordonnateur résident veille à la cohérence et à la complémentarité de ces interventions.La conférence publique organisée à l’ouverture de l’ALBIWEEK a permis d’aborder plusieurs enjeux majeurs liés à l’albinisme. Les participants ont notamment échangé sur la solidarité nationale comme levier pour cultiver l’acceptation et bannir le rejet, sur les conséquences du changement climatique pour les personnes atteintes d’albinisme et sur les alternatives médicales susceptibles de préserver leur santé et leur bien-être.Les communications ont rappelé que l’albinisme est une condition génétique, héréditaire et non contagieuse, et qu’il ne constitue ni une malédiction ni une déficience intellectuelle. Elles ont également mis en lumière les défis persistants auxquels sont confrontées les personnes atteintes d’albinisme : rejet familial, harcèlement scolaire, barrières environnementales, difficultés d’accès aux soins dermatologiques et ophtalmologiques, ainsi qu’une vulnérabilité accrue face aux effets du changement climatique. Selon les données présentées lors de la conférence, 667 apprenants atteints d’albinisme étaient recensés dans le système éducatif burkinabè au cours de l’année scolaire 2024-2025, témoignant à la fois des progrès réalisés en matière d’éducation inclusive et de la nécessité de poursuivre les efforts pour garantir un environnement adapté à leurs besoins. Se déroulant du 10 au 15 juin 2026, l’ALBIWEEK prévoit plusieurs activités destinées à sensibiliser le grand public et à renforcer la mobilisation autour de la cause de l’albinisme, notamment un cross populaire de plaidoyer, des campagnes médiatiques, une soirée culturelle et un concours de slam, un don de sang ainsi que diverses initiatives de sensibilisation communautaire. Pour les Nations Unies, l’ALBIWEEK ne doit pas être perçue comme une simple semaine de commémoration, mais comme une opportunité de renforcer les engagements collectifs en faveur d’une société plus juste, inclusive et solidaire. Comme l’a rappelé M. Azonnankpo : « Ensemble, remplaçons les préjugés par la connaissance, la peur par le respect et l’exclusion par une inclusion durable. Ensemble, bâtissons un Burkina Faso où chacune et chacun peut dire avec fierté : "Je suis pleinement moi-même et ma différence est une force." »